La profondeur des tombes (2003)
J'avais en moi depuis longtemps l'image de CloseLip et de son bras "voyageur". Elle me hantait, mais je ne savais pas à quoi la rattacher. Plusieurs tentatives de scénarios morts-nés se sont donc succédé, et puis la vision d'un animal au fond d'une mine de charbon m'est apparue. Pennbaker a surgi dans la foulée et je n'avais plus qu'à nouer les liens entre le porion et CloseLip. L'idée de la République des singes m'est venue en écrivant. La deuxième partie du roman, "Savanna Bay", a été ainsi rédigée quasi au jour le jour sans savoir vraiment où j'allais finir.
Quant au monde de Taney — le village aux poissons —, il existait déjà. Quelques temps avant de commencer la rédaction du roman, j'avais en effet écrit une nouvelle intitulée "J'ai grandi avec les morts" (refusée par Olivier) où je mettais en scène l'Être sombre surgissant du lac Langkor et tuant l'un après l'autre tous les Taneyiens. Y figurait aussi le rite de l'ondoiement que j'ai repris tel quel ou à peu près.
Cette nouvelle, bien sûr inédite, le restera.
"La profondeur des tombes" a été écrit dans un état de grâce total; toutes les scènes s'enchaînaient sans heurts, soir après soir, devant mon ordinateur.
L'histoire est venue au long d'un flux de création définitivement idéal.